Le cuivre à l’origine du noircissement des tableaux de la Renaissance

15 octobre 2019 par equipe-pcmth [TheChamp-Sharing]
Le brunissement des tableaux anciens sous l'action de l'environnement est un problème important pour les conservateurs, car il altère la compréhension de l’œuvre.

Les pigments verts à base d’acétate de cuivre – connu sous le nom de vert-de-gris – ont été très largement employés par les peintres de la Renaissance. Cependant, ils ont été progressivement abandonnés à partir du XVIIIème siècle en raison de leur tendance au brunissement. Ce changement de couleur n’avait jusqu’à présent trouvé aucune explication satisfaisante. En analysant par résonance paramagnétique électronique (RPE) et absorption optique le vieillissement de couches picturales reconstituées en laboratoire, des chercheurs et des chercheuses de l’Institut de recherche de chimie de Paris (IRCP, CNRS/Chimie ParisTech), du Centre de recherche et de restauration des Musées de France (C2RMF) ont montré que des modifications chimiques des complexes de cuivre induites par la lumière et combinée à l’atmosphère ambiante sont à l’origine du brunissement observé. Ces résultats sont publiés dans la revue Inorg Chem.

Référence

Marion Alter, Laurent Binet, Nadia Touati, Nadege Lubin-Germain, Anne-Solenn Le Hô, François Mirambet, & Didier Gourier

Photochemical Origin of the Darkening of Copper Acetate and Resinate Pigments in Historical Paintings

Inorg. Chem. – Septembre 2019

https://doi.org/10.1021/acs.inorgchem.9b02007

Contact

Didier Gourier, Institut de recherche de chimie de Paris

A gauche, Noli me tangere, d’Agnolo Bronzino (ca 1560), Musée du Louvre A) (© C2RMF) ;  Micro-échantillons prélevés sous le cadre, et donc protégé de la lumière B), et près du cadre montrant un net brunissement C) (© C2RMF/Marion Alter). A droite, spectres d’absorption optique d’une couche picturale reconstituée, avant et après illumination, et spectres RPE des pigments acétate et résinate de cuivre.